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Bureau à cylindre en acajou de Cuba

Signé Fidelis Schey, maître à Paris en 1777

Circa 1780, Epoque Louis XVI

Dimensions : H. 110cm x L. 112cm x P. 56 cm

Le bureau à cylindre apparait à la fin de l’Epoque Louis XV, mais il connait son apogée à l’Epoque Louis XVI. Les plus grands ébénistes ont mis tout leur talent à produire ce type de bureau qui faisait fureur à la fin du 18ème siècle.  En 1769, Riesener fournit le bureau cylindre de Stanislas Leczinski ; il est conservé à la Wallace collection de Londres. Auparavant, Oeben avait produit pour le Roi Louis XV ce qui fut sans doute le premier modèle de bureau à cylindre, aujourd’hui conservé au château de Versailles.

Le bureau à cylindre est conçu pour offrir une surface de travail plus importante que celle d’un secrétaire. Par rapport à un bureau plat, ou à caissons, le bureau à cylindre permet de masquer le désordre, ou les secrets, lorsqu’un visiteur était annoncé. Cet avantage demeure aujourd’hui, ce meuble est à la fois fonctionnel et très décoratif.

Le mobilier français à l’époque de  Louis XVI est marqué par l’utilisation importante de l’acajou. Cette essence est une variété de bois dont la provenance est essentielle : l’acajou de Cuba est incontestablement le plus bel acajou, avec des veines invisibles, une couleur miel, un grain magnifique. On trouvait à Cuba des sous-variétés d’acajou, des acajous mouchetés, des acajous flammés, de fil, etc… Dès la fin du 18ème siècle, Cuba commença à réglementer l’exportation de ses acajous. A partir de l’empire, l’acajou est importé de Saint Domingue ou d’autres iles des caraïbes, mais la qualité n’est plus tout à fait la même. Plus tard et encore aujourd’hui, l’acajou vient essentiellement d’Afrique. Ces acajou très veinés et de couleur claire et uniforme n’ont plus rien à voir avec l’acajou de Cuba.

On connait 3 ébénistes qui, dans la deuxième partie du 18ème siècle, ont utilisé très majoritairement de l’acajou : Canabas, Avril et Schey. Les meubles de Fidelis Schey sont rares car cet ébéniste est décédé à 40ans. Sa production est très soignée, très pure. Il choisissait les plus beaux acajous, et faisaient réaliser des garnitures de bronzes souvent discrètes mais très finement ciselés et dorées. Notre bureau porte l’estampille de Fidelis Schey, mais également celle de Richter qui en plus d’être ébéniste fut également marchand de pièces d’exception jusqu’au premier empire.

 

Notre bureau à cylindre ouvre en ceinture par un large tiroir central, à droite un caisson, et à gauche deux tiroirs sans traverse imitant un caisson. Sur les cotés, deux grandes tirettes permettent d’augmenter la surface de travail. L’ouverture du cylindre découvre un plateau coulissant gainé d’un cuir marron, avec au-dessus un large casier surmontant 3 petits tiroirs et 3 tiroirs simulés. Au-dessus du cylindre, 3 tiroirs sont sommés d’un marbre blanc enceint d’une belle galerie ajourée de bronze doré. Le bureau repose sur des montants ronds, fuselés et cannelés, qui se prolongent au-dessus, au niveau du cylindre et des tiroirs supérieurs.

La garniture de bronze est à la fois riche et équilibrée. Les onze encadrements, les sabots et entrées de serrure, poignées et boutons, ainsi que la galerie ajourée, sont finement ciselés et doré, et mettent en valeur la beauté de l’acajou. Il faut noter que l’ensemble des serrures est d’origine. Il s’agit de serrure « Trèfle », le nec plus ultra de l’époque pour ce type de serrure. Nous n’avons qu’une seule clé (d’origine) pour ce meuble.

Ce bureau est en très bon état de conservation, parfaitement restauré. Il ne présente aucune partie remplacée, et la restauration n’est autre que d’usage et d’entretien. Les cuirs sont neufs. La structure est en chêne, comme les fonçures des tiroirs.